Taxis de New York : pourquoi sont-ils jaunes ?

(Mis à jour le: 3 décembre 2017)

Les taxis jaunes de New York font partie du folklore de tout voyage à New York qui se respecte ! On ne peut pas les rater : ils dévalent les rues et les avenues de Manhattan par milliers. Et les chiffres officiels donnent le tournis : 240 millions de passagers montent chaque année dans un véhicule dont le conducteur est titulaire d’une licence de taxi ! Sachez aussi que si les taxis jaunes sont les plus nombreux, il existe d’autres catégories, notamment les limousines et les VTC (voitures de transport avec chauffeur, représentées entre autres par Uber). Mais, au fait, pourquoi les taxis de New York sont-ils jaunes ? Et que sont ces autres taxis verts que l’on aperçoit depuis quelques années ? Comment se fait-il que les chauffeurs parlent autant de langues différentes ? Vous avez très certainement un tas de questions sur les taxis new-yorkais, et ça tombe bien, on a les réponses !

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D’où vient la couleur des taxis jaunes de New York ?

L’origine des taxis jaunes

Un taxi à New York : les mythiques taxis jaunes de New York ! Photo sous CC-BY-2.0 de Prayitno.

Les mythiques taxis jaunes de New York ! Photo sous CC-BY-2.0 de Prayitno.

Pour comprendre pourquoi les taxis sont jaunes à New York, il faut se plonger un petit peu dans l’histoire de la ville. Alors let’s go ! Tout d’abord, notons que payer ponctuellement un chauffeur pour faire une course a toujours existé, et que les chauffeurs n’ont pas attendu l’invention des automobiles modernes pour exercer leur métier. Quant à la couleur jaune, elle n’est pas l’apanage de New York. En fait, c’est à Paris (!), en 1798, que l’on trouve la première mention d’un taxi jaune avec la comédie musicale Cabriolet jaune… Vous noterez au passage que le mot anglais cab, qui désigne un taxi, dérive de cabriolet, dans le sens d’une petite voiture légère tirée par des chevaux. Eh oui, on est encore loin des taxis tels qu’on les connaît aujourd’hui !

Les premiers taxis de New York

Avant les taxis jaunes : un des premiers taxis électriques de New York en 1904. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de Allgemeiner Deutscher Nachrichtendienst.

Un des premiers taxis électriques de New York en 1904. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de Allgemeiner Deutscher Nachrichtendienst.

La première compagnie de taxis modernes créée à New York en 1897 était l’Electric Carriage and Wagon Company. Oui, vous avez bien lu, un siècle avant la Toyota Prius, les premiers taxis fonctionnaient à l’électricité ! Cette société a connu un grand succès au début du XXème siècle, possédant jusqu’à 1 000 véhicules. Malheureusement, un incendie ayant détruit plusieurs centaines de ses voitures, puis le krach boursier de 1907, ont entraîné sa perte.

Les taxis jaunes pour être mieux vus

New York n’est pas restée sans taxis bien longtemps, puisque quelques semaines seulement après la faillite de l’ECWC, un certain Harry N. Allen importe de France 600 voitures, équipées cette fois-ci d’un moteur à explosion ! La nouvelle entreprise, appelée New York Taxicab Company devient incontournable dans la ville dès 1907. Ses voitures sont d’abord peintes en rouge et vert, jusqu’à ce que Harry Allen ait la soudaine intuition que les clients verraient les véhicules de plus loin s’ils étaient peints en jaune ! On y est ! Ils auraient alors plus de temps pour héler le taxi, ce qui augmenterait mathématiquement le nombre de clients de la société, et donc ses profits. Business is business !

Pour l’anecdote, les bus scolaires des Etats-Unis sont également jaunes pour la même raison.

Uniformisation des taxis new yorkais

Un taxi new yorkais : la star des taxis jaunes de New York : Un taxi Checker des années 1960s, un des modèles les plus utilisés par les chauffeurs. Photo Flickr sous CC-BY-2.0 de Zombieite.

Un taxi Checker des années 1960s, un des modèles les plus utilisés par les chauffeurs. Photo Flickr sous CC-BY-2.0 de Zombieite.

Pendant les années 1930s, alors que les Etats-Unis sont en pleine récession, plus de 30 000 personnes exercent la profession de chauffeur de taxi. Disons le autrement, il y avait plus de chauffeurs que de clients ! Ce constat obligeait les chauffeurs à travailler de très longues heures pour obtenir un revenu décent, ce qui avait une incidence sur l’état mécanique des véhicules. Devant les risques d’accident, les autorités ont décidé en 1937 d’imposer une limite maximum au nombre de chauffeurs en instaurant une licence obligatoire pour exercer la profession. Cette licence s’accompagne de la possession d’un médaillon personnel et nominatif permettant d’identifier les chauffeurs. Ce système est toujours en place aujourd’hui, les chauffeurs devant obligatoirement posséder ce fameux médaillon pour conduire un taxi. Cependant, alors que seuls les taxis licenciés étaient censés exercer la profession, de trop nombreux chauffeurs profitaient des carences du système pour travailler sans être en possession d’un médaillon ! Afin de lutter contre ces taxis clandestins, les autorités ont eu en 1967 l’idée d’imposer une couleur unique aux taxis en possession d’un médaillon afin de les rendre plus visibles. Devinez quelle couleur a été choisie : il s’agit bien évidemment du jaune, déjà bien représenté parmi les voitures !

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Que sont ces taxis verts que l’on voit circuler dans New York ?

Le problème des taxis jaunes

Aujourd’hui, les taxis jaunes, également appelés taxis médaillon (medallion taxicabs en anglais) sont les rois de la route à New York ! Ils sont 13 500 et ont l’autorisation de circuler partout dans la ville, y compris jusqu’aux aéroports. Sauf qu’ils ont la fâcheuse tendance à se cantonner aux zones les plus lucratives, à savoir le sud de Manhattan et les aéroports JFK et La Guardia. Une étude GPS de 2011 a démontré que 95% des courses débutaient dans ces localisations ! Pour remédier à cette situation qui créait des zones blanches dans les autres quartiers de New York, les autorités ont décidé d’octroyer des licences réservées aux quartiers mal-desservis de New York.

Du taxi jaune au taxi vert

Les taxis de new york : un taxi boro et un taxi jaune médaillon côte à côte. Photo sous CC-BY-SA-2.0 de Z22.

Un taxi vert et un taxi jaune côte à côte. Photo sous CC-BY-SA-2.0 de Z22.

Ainsi, depuis 2013, plusieurs milliers de ces taxis verts circulent dans les rues. Ils n’ont pas le droit de prendre des clients dans le sud de Manhattan ainsi que dans les deux principaux aéroports. Ils sont ainsi restreints aux boroughs du Queens, du Bronx, de Brooklyn, de Staten Island, et du nord de Manhattan, ainsi que de l’aéroport de Newark. Ils ont bien sûr le droit de déposer un client dans le sud de Manhattan en provenance d’un autre borough, mais n’ont pas le droit d’y prendre un nouveau client. Ces taxis d’un autre genre sont nommés les taxis boro !

Les taxis new yorkais : un taxi boro dans New York, renfort bienvenu aux mythiques taxis jaunes. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de The Interloafer.

Un taxi boro dans New York. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de The Interloafer.

La couleur vert-pomme des taxis boro ne doit rien au hasard ! Le but était de les rendre reconnaissables, mais aussi de les différencier facilement des taxis médaillon et des véhicules de secours. Finalement, la couleur vert-pomme correspondait bien à la fois à la volonté d’afficher les priorités en matière de développement durable de la ville, ainsi que de faire un petit clin d’œil au surnom de New York (Big Apple, d’où le vert-pomme). Il y a aujourd’hui à New York près de 8 000 de ces taxis boro en circulation !

Pourquoi les chauffeurs de taxi de New York parlent-ils si bien l’espagnol, le français, le bengali, etc… ?

Les taxis new yorkais, les symboles de la mondialisation

Des taxis jaunes de New York attendant les clients. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de ChevronZ.

Des taxis attendant le client. Photo sous CC-BY-SA-3.0 de ChevronZ.

Peut-être êtes vous déjà monté dans un taxi à New York et avez entamé une discussion amicale avec le chauffeur qui vous informe qu’il vient du Bangladesh. Si c’est le cas, ne soyez pas surpris ! En 2015, les statistiques officielles (lien en anglais) dénombrent 25% des chauffeurs de taxi médaillon comme étant nés au Bangladesh ! Sur la totalité des chauffeurs de New York, qu’ils conduisent un taxi médaillon, un taxi boro, ou bien un VTC, les bangladais représentent 14% des chauffeurs, suivis par les 12% de chauffeurs nés en République Dominicaine, puis par les 9% de pakistanais et les 6% d’indiens. Au final, les chauffeurs nés aux Etats-Unis ne représentent que 9% des chauffeurs de la ville !

167 nationalités différentes sont représentées parmi les 143 000 conducteurs licenciés de New York, renforçant la stature de la ville comme symbole de la mondialisation et du multiculturalisme ! 

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